Taux d'endettement : définition, calcul et interprétation

Le taux d’endettement est l’indicateur qui mesure la part de vos revenus absorbée par le remboursement de vos crédits. C’est l’un des premiers repères qu’examine un établissement bancaire pour évaluer une situation financière et savoir s’il reste assez d’argent à l’emprunteur une fois ses charges payées.

Comprendre ce qu’un taux d’endettement indique, comment il se calcule et à partir de quel niveau il devient un point de vigilance est la base pour s’interroger sur l’intérêt d’un regroupement de crédits. Les informations que sont les revenus et les charges éclairent aussi votre reste à vivre et votre capacité de remboursement.

tout comprendre au taux d'endettement

Qu'est-ce que le taux d'endettement ?

Le taux d’endettement est le rapport entre vos charges de crédit et vos revenus, exprimé en pourcentage. Il traduit une question simple : sur 100 € qui entrent chaque mois, combien sortent pour rembourser des crédits ? Sa lecture est simple et directe : 30 % d’endettement signifie que trente euros sur cent sont déjà engagés.

Connaître cette valeur intéresse les établissements bancaires parce qu’elle résume à lui seul la tension qui pèse sur un budget. Plus il est élevé, plus la part des revenus disponible pour tout le reste (impôts, factures, dépenses du quotidien, loisirs et imprévus) est réduit. Il sert donc de premier filtre à Projefi et aux banques : avant d’étudier une demande de prêt en détail, regarder ce ratio sert à comprendre la situation de l’emprunteur.

En pratique, le taux d’endettement mesure une proportion, pas un niveau de vie. Deux foyers endettés à 40 % ne sont pas dans la même situation financière si l’un gagne 2 000 € et l’autre 6 000 €. Le second conserve beaucoup plus pour vivre et payer ses dépenses après les remboursements de crédits. C’est précisément cette limite qui explique pourquoi le taux ne se lit jamais seul, et pourquoi il faut lui adjoindre un autre paramètre, le reste à vivre.

Comment calculer son taux d'endettement ?

Les charges et revenus à prendre en compte

La formule pour calculer le taux d’endettement est :

taux d’endettement = (somme des charges / somme des revenus) x 100

Par exemple, un foyer qui rembourse 1000 € de crédits pour 3 000 € de revenus mensuels affiche donc un taux de 33 % (1000 ÷ 3 000 × 100).
Les charges à prendre en compte pour ce calcul sont :

  • le montant de votre loyer si vous êtes locataire;
  • les mensualités de tous vos crédits à rembourser (crédit immobilier, crédit consommation, prêt hypothécaire, crédit renouvelable, LOA et LLD, prêt privé);
  • le montant de vos charges régulières obligatoires (pension alimentaire, etc…).

Les revenus pris en compte pour calculer le calcul sont :

  • vos salaires, votre pension, vos revenus non salariés;
  • vos primes annuelles issues de votre activité;
  • vos revenus fonciers.

La prise en compte des aides sociales varie d’une banque à l’autre. En revanche, les allocations chômage ne sont jamais comptabilisées dans les revenus.

Chaque banque peut avoir quelques règles qui lui sont propres mais nous n’entrons pas ici dans ces spécificités qui nécessitent une analyse plus complexe. C’est pourquoi le simulateur ci-dessous vous permet d’obtenir une évaluation de votre taux d’endettement et de votre reste à vivre.

La calculette du taux d'endettement

Le résultat du calculateur que vous venez d’obtenir vous donne un ordre de grandeur utile pour comprendre votre situation.
Il ne préjuge en aucun cas de la réponse d’une banque et n’a pas valeur d’engagement.
Seul le calcul réalisé par un établissement bancaire ou par l’un de nos conseillers, sur la base de votre dossier complet, fait foi.

Comment lire son taux : les seuils d'endettement

Un taux d’endettement se lit par paliers : en dessous de 35 %, la situation est considérée comme maîtrisée ; entre 35 et 55 %, elle devient tendue ; au-delà, elle est critique. Ces repères sont des ordres de grandeur employés dans le secteur pour situer un budget d’un coup d’œil.

Jusqu'à 35 % : normalement endetté

Jusqu’à 35% d’endettement, on parle d’un endettement normal. Les charges de crédits en cours laissent en principe un budget suffisant pour toutes les autres dépenses mensuelles, au moins 65% de vos revenus. Cette proportion sécurise le budget des emprunteurs sur le long terme.

Entre 35 et 55% : l'emprunteur est malendetté

Le profil le plus courant à ce stade est celui d’un foyer qui a d’abord contracté un crédit immobilier pour l’achat de son logement, puis a accumulé des crédits à la consommation au fil de besoins successifs (voiture, travaux, équipement, etc…). Plus le taux se rapproche du haut de cette fourchette, plus le reste à vivre se réduit et une dépense imprévue devient difficile ou impossible à financer. C’est dans ces niveaux que la question d’un regroupement de crédits commence à se poser, pour ramener le taux à un niveau plus soutenable.

Au-delà de 55%, l'endettement est critique

Taux d’endettement trop élevé, solvabilité et capacité d’emprunt très réduites, reste à vivre limité. Dans cette situation financière dégradée, les emprunteurs piochent dans leur épargne quand ils en ont ou finissent par devoir faire un choix entre le remboursement de leurs mensualités, le paiement de leurs factures, etc… Un regroupement reste possible et dépend du profil de l’emprunteur, chaque dossier s’apprécie au cas par cas. Cet endettement ne préjuge ni d’un accord, ni d’un refus systématique.

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Le seuil de 35 % du HCSF

On lit souvent que « 35 %, c’est l’endettement maximum légal ». Le taux de 35 % est le plafond de taux d’effort fixé par le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) pour l’octroi des crédits immobiliers, assurance comprise. Mais le rachat de crédits est exclu du champ d’application de cette décision. Un foyer dont le taux d’endettement dépasse 35 % n’est pas écarté d’un rachat de crédit et c’est logique, puisque le HCSF attend précisément de ces opérations qu’elles fassent baisser le taux d’effort. Le niveau obtenu après opération dépend de la qualité du dossier et des règles d’octroi de l’établissement.

Taux d'endettement et reste à vivre : des paramètres complémentaires

Le reste à vivre est l’argent qui reste dans un foyer fiscal après paiement des mensualités de crédits, éventuellement d’un loyer et les autres charges fixes. Le reste à vivre doit être suffisant pour payer les impôts, régler les factures d’énergie, d’eau, d’assurance, de mutuelle, etc… et suffisant pour correspondre au mode de vie de l’emprunteur.

reste à vivre = revenus nets mensuels – charges mensuelles fixes

Reprenons les deux ménages évoqués plus haut, endettés à 40 %. Le premier gagne 2 000 € et conserve 1 200 € une fois ses crédits remboursés. Le second gagne 6 000 € et en conserve 3 600 €. Même taux d’endettement et mais reste à vivre sans rapport, parce que 1 200 € et 3 600 € permettent une gestion du quotidien bien différente.

C’est également un paramètre fondamental du rachat de crédit car malgré une réduction significative des mensualités, un regroupement de crédit peut être refusé à cause d’un reste à vivre insuffisant. L’approche bancaire du reste à vivre est variable. Chaque établissement prêteur a ses propres seuils d’acceptation avec un montant spécifique pour le foyer fiscal et un pour chaque enfant rattaché. C’est un paramètre strictement observé pour garantir la sécurité financière de l’emprunteur.

C’est pourquoi taux d’endettement et reste à vivre s’examinent toujours ensemble. Le premier situe l’effort, le second mesure ce qu’il laisse. Leur lecture conjointe conduit à une troisième notion, qui les synthétise : la capacité de remboursement.

La capacité de remboursement : la synthèse

La capacité de remboursement est le montant maximal de mensualité qu’un foyer peut assumer, son respect garantit sa solvabilité.

capacité de remboursement =
(revenus nets mensuels × taux d’endettement retenu) – charges mensuelles fixes

C’est un montant, exprimé en euros : il fixe le plafond dans lequel doivent tenir toutes les dettes bancaires plus certaines charges. La capacité de remboursement d’un locataire est diminuée du montant du loyer; elle peut être diminuée d’une pension alimentaire ou au contraire augmentée de cette dernière lorsqu’elle est perçue.

La capacité de remboursement se déduit du taux d’endettement maximum retenu par l’établissement. Appliqué à vos revenus, ce taux donne le niveau de charges de crédit à ne pas dépasser. La mensualité du regroupement envisagé doit impérativement tenir dans ce montant : au-delà, le dossier n’est pas finançable.

Chez un emprunteur déjà lourdement endetté, ce calcul appliqué à ses crédits en cours ne laisse aucune marge (résultat à 0 ou négatif) : c’est précisément ce qui ferme l’accès à un nouvel emprunt. Mais un regroupement ne s’ajoute pas aux crédits existants, il les remplace. La capacité se calcule donc sur les charges qui subsistent après l’opération, ce qui explique qu’un rachat reste possible là où un nouveau crédit ne l’est plus.

Ce montant maximum n’est pas le même pour tous : il se calibre sur la qualité d’ensemble du dossier, stabilité et nature des revenus, composition du foyer, tenue des comptes, présence ou non d’une garantie, etc.

Comment un regroupement de crédit agit-il sur le taux d'endettement ?

Un regroupement de crédits fait baisser le taux d’endettement en réduisant la mensualité globale. Les crédits en cours et certaines dettes sont soldés et remplacés par un prêt unique, assorti d’une nouvelle échéance et d’une nouvelle durée. Toute baisse de la mensualité fait mécaniquement baisser le taux d’endettement. L’opération est tout aussi intéressante pour l’emprunteur qui a besoin de retrouver un budget plus flexible que celui qui cherche à dégager de la capacité de remboursement pour un nouveau projet.

Une mensualité allégée augmente d’autant le montant qui reste disponible chaque mois : le reste à vivre progresse en même temps que le taux d’endettement diminue. C’est précisément cette double amélioration que l’établissement prêteur examine.

Cette amélioration du budget mensuel a une contrepartie qu’il faut savoir avant de s’engager. La diminution du montant des mensualités entraîne l’allongement de la durée de remboursement et majore le coût total à rembourser. Autrement dit, un budget mensuel assoupli se paie par un remboursement étalé qui est plus onéreux.
Néanmoins, le résultat n’est jamais acquis d’avance. Le niveau atteint après opération dépend des crédits regroupés, de la durée retenue, du taux d’intérêt appliqué et des règles d’octroi de l’établissement sollicité. Chaque situation appelle donc une étude personnalisée.

Pour ces raisons, le rachat de crédit n’est pas toujours la bonne solution : sans baisse significative du taux alors qu’aucune trésorerie n’est ajoutée à l’opération, à cause d’un coût total trop élevé, ou en cas de taux d’endettement très élevé dès le départ, l’obtention d’un regroupement de prêts n’est pas toujours la solution.

Taux d'endettement et surendettement : ne pas confondre

Le surendettement n’est pas un niveau de taux d’endettement, mais une situation juridique reconnue par la commission de surendettement de la Banque de France. Elle correspond à l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles, appréciation qui repose sur l’examen complet de la situation.

Aucun seuil ne déclenche donc le surendettement. Une personne peut déposer un dossier avec un taux d’endettement modéré si ses ressources ne lui permettent plus d’honorer ses échéances, tandis qu’une autre, dont le taux est très élevé, peut continuer à faire face grâce à une épargne ou à des revenus confortables. C’est la capacité réelle à assumer ses dettes qui compte, pas le rapport entre charges et revenus.

Le dépôt d’un dossier de surendettement entraîne l’inscription au fichier des incidents de remboursement. En pratique, cette inscription ferme l’accès à un regroupement de crédit qui n’est plus envisageable lorsque la démarche est engagée.

Un taux d’endettement élevé n’est donc pas le signe d’un surendettement, mais un indicateur de tension à examiner avant toute décision.

Comprendre l’évolution de mon taux d’endettement avec un rachat de crédits grâce à un outil automatique :

Article mis à jour le 24 juillet 2026

*La diminution du montant des mensualités entraîne l’allongement de la durée de remboursement et majore le coût total du crédit.
La réduction dépend de la durée restante des prêts rachetés.
Toute offre de regroupement de crédit donne lieu à une information préalable sur les modalités, les caractéristiques et le bilan de l’opération.
Sous réserve d’analyse de chaque situation et d’acceptation par l’organisme préteur.
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